Amoureuse des animaux et végétalienne depuis sept ans, Alexandra Blanc est très engagée. En octobre 2015, elle a créé Vegan Impact, une association qui lutte pour le bien-être animal, mais aussi pour celui de la planète. Parce que « être vegan » ce n’est pas oublier d’où l’on vient.

Quelles sont les actions menées par l’association ? 

La principale action reste la sensibilisation. Nous intervenons dans des écoles, des universités, et même dans des EHPAD (Établissements d’Hébergement pour les Personnes Agées Dépendantes). Le but, ce n’est pas de traumatiser les gens, mais de leur faire prendre conscience du monde dans lequel on vit. Pour médiatiser notre combat, nous organisons aussi des happenings lors de gros événements. Le week-end prochain par exemple, on va mener une action pour l’ouverture du Salon de l’Agriculture. Vegan Impact a aussi essayé de s’attaquer aux gros lobbies, mais sans succès. La fédération des bouchers a littéralement fait interdire nos manifestations. Maintenant, nous devons protester à minimum un kilomètre d’une boucherie. C’est un casse-tête pour organiser un rassemblement à Paris.

Deux manifestants lors d’un happening. // ©Facebook:VeganImpact

Nos actions passent aussi de plus en plus par le sauvetage d’animaux. Nous sommes en partenariat avec le plus grand sanctuaire d’Europe : Le Sanctuaire des Douages. On fait tout pour qu’il se remplisse et ne fasse pas faillite, car il serait impensable que tous les animaux sauvés finissent à l’abattage. 

Quel est l’intérêt de « Vegan Impact » ? 

Nous souhaitons faire découvrir un mode de vie alternatif au grand public. « Être vegan », ce n’est pas uniquement une question d’alimentation. C’est aussi adopter un nouveau mode de vie, plus respectueux de la planète. On apprend à vivre sans utiliser l’animal et donc contre le spécisme. Autrement dit, on ne fait pas des choses qui exploitent les animaux. Un vegan ne se divertit pas en allant au cirque, dans un parc animalier ou en assistant à une corrida. Il ne portera pas non plus de vestes en cuir de vachettes ou des produits cosmétiques testés sur les cochons.

 « Je ne suis pas ton jambon » est l’un des slogans forts de l’association. // ©Facebook:VeganImpact

Être végétalien n’est-il pas contraire à la culture gastronomique française ? 

Dès la naissance nous sommes « formatés » à manger de la viande ou du poisson au moins une fois par jour, sous prétexte que c’est bon pour la santé. Il est vrai que le fait d’être né dans le pays du fromage, et avec une population très friande de viande, n’aide en rien. Notre culture gastronomique explique d’ailleurs notre retard sur les pays européens comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne en matière de produits végétaliens

Peut-on continuer à manger « français » en étant végétalien ?

Arrêter de manger des animaux ne revient pas à perdre notre identité culturelle. Au contraire, on fait plus attention à ce que l’on mange – d’où vient l’aliment ou quels sont ses apports nutritifs – et certains apprennent même à cuisiner. Aujourd’hui, il existe des alternatives pour tout : les produits laitiers, avec des laits d’origines végétales, les glaces avec les nouveaux Magnum. Même les plats typiques français peuvent être revisités. La blanquette de veau, par exemple. Il suffit de remplacer la viande par du seitan (gluten de blé), et la sauce par de la crème de soja, de coco ou d’amande. L’image du vegan qui se nourrit exclusivement de graines est définitivement dépassée.

Voici des exemples de plats pouvant être consommés par un végétalien. // ©AvantagesMagazine

Si tous les Français devenaient végétaliens, la culture gastronomique de l’Hexagone serait-elle amenée à disparaître ?

Disparaître non, mais changer oui. Les recettes et la cuisine, en général, n’ont cessé d’évoluer à travers le temps, alors on trouvera toujours un moyen de cuisiner à la française. Aujourd’hui, le végétalien n’est pas un phénomène de mode. Les gens, principalement les jeunes sont plus informés et prennent plus conscience des atrocités que l’on fait endurer aux animaux. Ils sont plus en proie au changement. Par conséquent, la demande augmente et le végétalien devient le mode de consommation du futur. En 2018, selon l’institut d’études Xerfi, les ventes de produits végétariens et vegans ont généré un chiffre d’affaire de plus de 380 millions d’euros, en hausse de 24% dans les grandes et moyennes surfaces de l’Hexagone. Ces données montrent que tout le monde l’a compris. Aussi bien les entreprises d’agroalimentaire, que les grands chefs. Tout le monde s’y met, et c’est parfait si cela amène l’ouverture d’un marché qui ne tue pas les animaux.

Rassemblement du vendredi 20 septembre 2019. Plus de 10 000 adhérents de l’association était à Paris pour la grève pour le climat. // ©Facebook:VeganImpact

Crédits image de couverture : ©AlexandraBlanc

Julia Dumoulin